7 solutions antifouling pour protéger la coque de son bateau

Par Nicolas

La coque de bateau est exposée en permanence aux conditions marines et à la croissance d’organismes marins qui peuvent s’y fixer. Ces algues et coquillages peuvent affecter la vitesse du bateau, sa maniabilité, et peuvent même endommager la coque à long terme. La protection de la coque est un élément crucial pour la longévité de votre bateau, ainsi que pour maintenir ses performances, réduire les coûts d’entretien et également consommer moins de carburant. Il existe plusieurs solutions pour la protéger. Passons-en sept en revue :

  • les peintures antifouling traditionnelles,
  • les peintures antifouling au cuivre,
  • les vernis de coque,
  • les revêtements anti-adhérents lisses,
  • les revêtements anti-adhérents à fibres,
  • les antifouling à ultrasons, et
  • les housses de protection de coque.

Chacune de ces solutions offre une approche unique pour protéger votre coque, et nous insisterons donc sur les avantages et les inconvénients de chacune. Vous pourrez alors choisir celle qui convient le mieux à votre bateau et à vos besoins.

Solution 1 : Les peintures antifouling classiques à base de biocide 

La peinture anti-salissures, ou antifouling, est le revêtement traditionnel appliqué depuis des décennies pour empêcher la croissance d’algues, de coquillages et autres crustacés. Il est composé d’un biocide et d’un anti-adhérent qui empêchent les organismes marins de se fixer sur la coque. Ces peintures se présentent sous forme de matrice dure ou érodable, à choisir en fonction de la vitesse du bateau, de son lieu de mouillage, de sa zone de navigation, etc.

S’il est autant utilisé, c’est que ses avantages ont longtemps été considérés comme nombreux et intéressants. L’antifouling empêche et tue les anatifes et autres berniques essayant de se fixer sur la coque, et facilite donc l’entretien. Il permet ainsi de maintenir les performances du bateau et de réduire la traînée. Cela augmente donc la performance du bateau, et sa durabilité, tant que de nouvelles couches sont appliquées régulièrement.

Cependant, la peinture antifouling reste un produit chimique biocide. Elle est donc très polluante pour l’environnement aquatique. Mais il n’y a pas que l’impact néfaste sur la biodiversité marine ! Elle présente également des risques pour la santé humaine, à l’application et surtout au décapage ou au ponçage. Ensuite, son usage fait désormais l’objet de contraintes réglementaires, comme par exemple le fait de ne pas pouvoir nettoyer la coque de son bateau en plongée du fait de sa toxicité pour l’environnement. Sa durée de vie est aussi limitée : 1 à 2 ans maximum. Si le bateau séjourne dans des eaux particulièrement propice à la croissance des algues, il arrive d’avoir à caréner deux fois par an, ce qui impose une sortie de l’eau fréquente et coûteuse.

Les marques de peinture antifouling les plus répandues sont Altex, Boero, Hempel, International, Nautix, Pettit, Seatec, Veneziani (liste non exhaustive)

Salissure des œuvres vives d'un bateau à moteur
Salissure des œuvres vives d’un bateau à moteur.
Photo Jean-Pierre Bazard, Wikimedia Commons

Solution 2 : Les peintures au cuivre

Les peintures au cuivre sont des peintures qui intègrent des particules de cuivre. Le cuivre est un matériau qui empêche le biofouling, la croissance des organismes marins sur la coque d’un bateau. Historiquement, les coques en bois des navires d’antan étaient recouvertes de plaques de cuivre pour empêcher les tarets de faire pourrir le bois !

L’un des principaux avantages des peintures antifouling au cuivre est leur efficacité à long terme. Comparées aux peintures biocides traditionnelles, qui doivent être appliquées tous les ans, les peintures au cuivre peuvent durer plusieurs années, parfois jusqu’à 10 ans, ce qui réduit considérablement les coûts et les tracas liés à l’entretien de la coque. De plus, les peintures de coque de bateau antifouling au cuivre sont un peu plus respectueuses de l’environnement que les peintures biocides. Les particules de cuivre sont considérées comme moins nocives pour l’environnement, car elles sont plus facilement dégradables.

La principale raison qui peut vous freiner pour cette solution est son prix à l’application, qui représente un réel investissement par rapport aux peintures antifouling. De plus, le cuivre ne convient pas aux coques aluminium, en raison de la corrosion qu’il provoque. Même sur d’autres types de bateaux, il peut causer une légère corrosion sur les hélices et les gouvernails en métal, ainsi que sur les coques en bois non protégées. Il sera donc important d’être particulièrement vigilant sur l’usure des anodes si l’on choisit une peinture au cuivre. Enfin, le cuivre reste nocif pour l’environnement. Ainsi en mer Baltique, 40% de la pollution au cuivre serait imputable aux peintures de coques !

Dans cette catégorie, on peut citer Coppercoat, qui est une marque de peinture antifouling au cuivre relativement populaire auprès des propriétaires de bateaux. Cette peinture est composée de particules de cuivre pur, qui sont suspendues dans une résine époxy.

Solution 3 : Les vernis de coque

Le vernis de protection de coque est une option moins répandue que les peintures antifouling traditionnelles. Il protège la coque des bateaux tant du “fouling” par les algues et coquillages que de la corrosion. Fabriqué à partir de polymères résistants à l’eau, le vernis crée une barrière protectrice entre la coque et les organismes marins.

Contrairement aux options précédentes, le vernis ne contient pas de composés chimiques nocifs pour l’environnement, ni de métaux comme le cuivre, ce qui en fait une option plus écologique.

Cependant, il est important de noter que le vernis n’est pas aussi efficace que les peintures antifouling pour empêcher la coque de se salir. Par conséquent, le vernis nécessite un entretien régulier pour maintenir son efficacité, notamment le nettoyage régulier de la coque et l’application régulière de nouvelles couches de vernis.

Le nettoyage de la coque se fait avec de l’eau douce et un détergent doux, en évitant les détergents abrasifs ou les nettoyants à base d’acide qui pourraient endommager le vernis. L’utilisation d’une brosse douce est également recommandée pour éviter de rayer la surface du vernis. Les outils électriques tels que les polisseuses ou les nettoyeurs haute pression doivent être évités car ils pourraient endommager le vernis. Enfin, il est essentiel de surveiller régulièrement la coque pour détecter tout signe d’endommagement ou de détérioration du vernis.

Parmi les acteurs proposant des vernis, on trouve l’entreprise Eco’Prisme et son Parafouling au graphène.

L’évaluation correcte du prix d’une solution antifouling doit prendre en compte non seulement la matière première mais également les manutentions qu’elle exige.

Solution 4 : Revêtement anti-adhérent lisses

Les films lisses sont une solution alternative à la peinture antifouling pour protéger les coques des bateaux. Cette technique consiste à appliquer un film adhésif en silicone sur la surface de la coque. Le manque d’adhérence empêche alors les organismes marins de s’y fixer.

Le premier des avantages de cette solution est qu’elle ne contient pas de substances toxiques, nocives pour l’environnement. De plus, elle permet une économie d’eau et d’énergie lors de la mise à sec du bateau pour l’entretien. Enfin, elle offre une durée de vie plus longue que la peinture antifouling classique, ce qui permet de faire des économies sur la protection de la coque de votre bateau. En effet, le revêtement anti-adhésif n’a besoin d’être renouvelé que tous les 5 ans contrairement à l’antifouling classique qui doit être refait en moyenne chaque année. Contrairement aux peintures antifouling biocide, le nettoyage en plongée est cette fois-ci autorisé et se fait à l’aide d’un brossage simple.

Cependant, cette solution présente également des inconvénients. Tout d’abord, le film adhésif est plus cher à l’achat que la peinture antifouling traditionnelle, ce qui peut être un frein pour certains propriétaires de bateaux. De plus, il peut être difficile à installer correctement et nécessite une certaine expertise. Par ailleurs, à la dépose, cela génère évidemment une certaine quantité de déchets plastiques. Enfin, son efficacité peut être limitée dans des zones à forte concentration d’organismes marins, nécessitant alors une surveillance plus régulière de l’état de la coque.

Parmi les solutions sur le marché, on trouve le Flow Silikon de Uniflow et le MacGlide de chez Mactac. 

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Solution 5 : Les films à fibres

Ces films sont une autre solution de revêtement écologique mais qui permettent cette fois-ci, contrairement aux autres revêtements anti-adhérents, de mieux tenir dans les zones à forte concentration d’organismes marins. Le secret de ces adhésifs qui ressemblent un peu à une moquette : leur technologie spéciale qui reproduit les piquants des oursins. Ils sont eux aussi anti-salissure, durables et offrent une haute performance. Leur fabricant met en avant une conception qui, selon eux, protège la coque des navires contre les organismes marins indésirables tout en améliorant les performances du navire.

Un des principaux points positifs de ce type d’adhésif est leur impact écologique positif, puisqu’ils ne contiennent pas de produits toxiques qui peuvent être nuisibles à l’environnement marin. Ils sont durables et résistants aux UV, ce qui leur permet de durer plus longtemps que les peintures traditionnelles. Il est facile de le brosser en plongée ou avec un lavage haute pression. Certains ports commencent même à autoriser l’utilisation des cales de carénage par les bateaux qui en sont pourvus. Voilà de quoi faire des économies !

Cependant, ils ont aussi quelques inconvénients. Leur coût initial est élevé par rapport aux peintures traditionnelles, bien qu’ils permettent de faire des économies sur la durée. En outre, leur application nécessite l’intervention d’un professionnel et le temps de séchage peut être prolongé. D’après nos recherches, la couleur est également limitée et il peut être difficile de le retirer si besoin.

Parmi les principaux produits sur le marché, on retrouve la gamme Finsulate.

Tripneustes ventricosus (West Indian Sea Egg) edit
Les films à fibres s’inspirent des oursins, qui restent propres grâce à leurs épines !
Photo Nick Hobgood, Wikimedia Commons

Solution 6 : Les ultrasons

Venons-en à évoquer les antifoulings à ultrasons. C’est une technologie de sonar qui utilise des ondes sonores pour contrôler la croissance des organismes marins sur les coques des bateaux.

Cette technologie est écologique car non toxique pour l’environnement marin, économique à long terme, facile à installer et compatible avec la plupart des types de coques (sauf les coques trop profondes).

Cependant, elle peut être moins efficace pour les bateaux immobiles, nécessite une alimentation électrique pour fonctionner, a un coût initial plus élevé que l’antifouling traditionnel et peut ne pas être suffisamment efficace dans certaines zones géographiques ou conditions météorologiques spécifiques. Elle peut également nécessiter un entretien régulier et peut ne pas être aussi efficace que l’antifouling traditionnel pour les bateaux à fort tirant d’eau. Par ailleurs, lorsque l’on vit à bord ou qu’on amarre son bateau dans une marina avec des bateaux habités, cette solution peut produire des nuisances sonores, audibles ou non. Enfin, étant donné l’importance des ultrasons pour tout un pan de la faune marine, on peut se demander si cette solution n’est pas moins écologique qu’il n’y paraît.

On parle de cette technologie depuis des décennies, mais aujourd’hui elle est bel et bien commercialisée, notamment par Sonihull et Hasytec.

Solution 7 : Les housses de protection

Cette dernière solution de notre comparatif permet de protéger la coque du bateau contre la salissure, en empêchant la prolifération de micro-organismes grâce à l’absence de lumière.

L’un de ses principaux avantages est son aspect économique. En effet, cette solution permet d’éviter les frais liés au carénage annuel, qui peuvent s’avérer coûteux pour les propriétaires de bateaux. De plus, la housse est 100% recyclable et évite de recourir aux antifoulings toxiques qui polluent l’écosystème marin. Elle réduit ainsi l’empreinte écologique de votre bateau.

La housse est relativement simple à utiliser et/ou à transporter. Sa durée de vie est de l’ordre d’une dizaine d’années, ce qui reste plus pratique et moins coûteux que de devoir refaire son antifouling chaque année. Malgré tous ces avantages, il faut toutefois noter que ce genre de housse ne peut pas être utilisé sur tous les types de bateaux. Elle doit être réalisée sur mesure et toutes les formes de coque ne s’y prêtent pas forcément. Cela peut la rendre plus coûteuse à l’achat que d’autres solutions de protection de coque. Enfin, une manipulation est nécessaire à chaque départ et arrivée au port, afin de bien protéger le bateau lorsqu’il arrête de naviguer.

Vous pouvez trouver des housses de protection innovantes par exemple chez K-Ren.

Une coque mal protégée peut rapidement s’abîmer. Le bateau devient moins maniable, moins rapide, consomme plus et peut mettre en danger l’équipage.

Conclusion

Nous l’avons vu, l’antifouling traditionnel est efficace pour empêcher l’encrassement par les organismes marins sur les coques des bateaux. Mais il a des conséquences néfastes sur l’environnement marin. C’est pourquoi on voit apparaître de plus en plus d’alternatives, plus écologiques et durables, comme les peintures anti-fouling sans biocide, les revêtements anti-adhérents lisses, les films à fibres, les antifoulings à ultrasons et les housses de protection. Chacune de ces solutions présente ses avantages et ses inconvénients.

Armés de ces conseils, vous pourrez désormais choisir la méthode la plus appropriée pour entretenir au mieux votre bateau. Les solutions alternatives sont souvent plus coûteuses à l’achat que l’antifouling annuel traditionnel, mais elles offrent souvent une protection plus efficace, une durée de vie plus longue et sont plus respectueuses de l’environnement marin. Il est donc important de réfléchir à long terme pour protéger les coques de nos bateaux tout en préservant nos océans fragiles.

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